L’Agence nationale pour la sécurité des médicaments et des produits de santé (ANSM) a lancé une consultation sur la manière dont le public devrait être informé des risques de mauvaise utilisation ou de surdosage lors de la prise de paracétamol. La consultation vise à établir les connaissances du public sur les risques associés à ce médicament et à recueillir leurs avis sur l’avertissement à mettre en œuvre.

Une consultation pour améliorer les notices

L’ANSM souhaite renforcer l’information sur les médicaments à base de paracétamol pour sensibiliser les personnes et les professionnels de la santé sur les risques résultant de l’abus du paracétamol, premier analgésique utilisé en France. À cette fin, l’ANSM lance une consultation publique sur un message d’avertissement à mettre sur les boîtes.

« Le paracétamol est un médicament sûr et efficace dans des conditions normales d’utilisation », rappelle une déclaration de l’agence.

Environ 200 médicaments contenant du paracétamol seul ou en association avec d’autres substances sont actuellement disponibles avec ou sans ordonnance pour traiter la douleur, la fièvre ou les symptômes du rhume.

L’ANSM invite toute personne souhaitant participer à le faire jusqu’au 30 septembre 2018. La consultation est intitulée: « Risque hépatique lié à la surdose de paracétamol : mise en garde sur les emballages ».

Consultation sur l'utilisation de paracetamol

L’ANSM lance une consultation publique sur le paracétamol

Renforcer l’information des patients

Avec cette consultation publique, l’ANSM souhaite renforcer l’information sur les boîtes de médicaments à base de paracétamol pour éduquer d’abord les patients et les professionnels de santé sur les risques hépatiques associés à l’abus de ce médicament en France. La consultation lancée portera sur un message d’avertissement qui apparaîtra sur les boîtes et sur l’harmonisation des mentions pour prévenir ce risque hépatique. C’est en substance ce qu’affirme l’agence pharmaceutique qui souhaite plus de sécurité sur l’utilisation de médicaments à base d’acétaminophène.

« C’est une très bonne chose », a déclaré le Professeur Christophe Bureau, hépatologue et secrétaire général de la Société française d’hépatologie (AFEF). Il rappelle que le médicament est largement utilisé en automédication. « C’est aussi la première cause d’hépatite toxique aiguë », souligne l’hépatologue.

Un médicament très consommé en France

Dans les années 80, la France était le premier pays européen à limiter la dose de paracétamol par boîte à 8 grammes, parce que le paracétamol, comme tous les autres médicaments, n’est pas anodin. Mais les choses ont changé depuis.

Les Français sont dépendants de ce médicament et c’est un problème de santé publique. C’est un réflexe pour beaucoup de Français : à la moindre douleur, de nombreuses personnes prennent du paracétamol en pharmacie pour calmer la douleur.

Selon l’ANSM), la consommation de paracétamol a augmenté de 53% au cours des 10 dernières années. Afin de prévenir les dangers liés à ce médicament, l’agence a décidé d’harmoniser les messages écrits sur les boîtes de paracétamol.

Par conséquent, une consultation publique est en cours. Tout le monde peut participer. Il suffit de remplir un document téléchargeable sur le site Web de l’Agence avant le 30 septembre. Cette initiative fait suite à la mort en décembre de Naomi Musenga causée par une surconsommation de paracétamol.

Un médicament dont l’overdose peut être fatale

Une surdose d’acétaminophène provoque, selon l’OMS, des signes discrets d’irritation gastro-intestinale, généralement suivie deux jours plus tard d’anorexie, de nausée, d’un malaise, de douleurs abdominales, ainsi que de signes d’insuffisance hépatique.

Les hépatites aiguës se manifestent par des frissons, de la fièvre et des douleurs articulaires, indique l’OMS. Dans le cas d’une hépatite aiguë, qu’elle soit virale ou non, les patients ont tendance à prendre du paracétamol, ce qui exacerbe l’hépatite et la transforme en hépatite fulminante.

En cas de surdose, il faut administrer de la N-acétylcystéine, un antidote au paracétamol. Sans traitement immédiat, cette maladie du foie peut être fatale. « Chaque année en France, près d’une centaine de transplantations hépatiques (environ 1 200 au total) sont associées à une intoxication au paracétamol », explique le professeur François Chast, pharmacologue.

Naomi Musenga, la jeune femme, décédée le 29 décembre à l’âge de 22 ans après avoir été raillée au téléphone par un opérateur du Samu de Strasbourg, est morte suite à une intoxication au paracétamol.

Comprimés de Paracétamol

Comprimés de Paracétamol

Un risque pour le cœur, le foie et les reins

Le médicament doit être surveillé car une mauvaise utilisation du médicament peut affecter le foie, les reins et même le cœur. Selon une étude britannique, le surdosage peut également être toxique pour le foie et pour les reins. La même analyse a montré qu’une consommation régulière de paracétamol (environ 20 comprimés à 500 mg par mois) augmenterait le risque de développer une maladie cardiovasculaire dans les douze ans. La substance augmente la pression artérielle.

Pour éviter les risques, il est conseillé de consommer au maximum 4 comprimés d’un gramme par jour. De plus, il ne faut pas mélanger l’alcool avec la consommation de paracétamol. C’est pour réduire ces risques que l’ANSM crée cette consultation.

Sources :

https://www.archynety.com/health/paracetamol-ansm-consults-caution/

https://newsbeezer.com/franceeng/public-consultation-to-avoid-damage-caused-by-excessive-consumption/

https://vaaju.com/franceeng/public-consultation-to-warn-about-the-risks-of-paracetamol/

https://newsbeezer.com/franceeng/public-consultation-to-avoid-damage-caused-by-excessive-consumption/