Il est pour la plupart difficile au regard de la société actuelle et de la vision ambiante générale de se « la couler douce au travail » comme dirait bon nombre d’actifs. Nous entendons de plus en plus de discours orientés par un certain désagrément, voire une insatisfaction au travail tant au niveau du relationnel : « je ne m’entends pas avec ce collègue, ou ce client mais bon il faut bien le faire, on est au travail… » ou encore « chacun est différent et on ne peut pas plaire à tout le monde car tout le monde à son caractère…», que du travail lui-même « Je ne respire plus, je n’ai plus de temps pour moi et ma famille, en plus, il faut aller vite et faire bien ». Nous pouvons constater un certain désarroi, ou un sentiment d’impuissance qui se dépeint.

Au travers de cet article nous verrons que les RPS peuvent non seulement provoquer des difficultés cognitives telles que des troubles de la concentration, de la mémoire, ainsi que des difficultés à prendre du recul sur les choses, mais aussi engendrer des maux et maladies physiques (troubles cardio-vasculaire, troubles musculo-squelettiques, dépression, fatigue chronique, etc).

Les risques psychosociaux

De nombreux scientifiques (sociologues, médecin du travail, psychologue du travail…) se sont penchés sur la question de ces risques au travail suite à la problématique de l’épisode des multiples suicides chez France Télécom en 2010.

Un travail titanesque a pu voir le jour dans l’optique d’aider le maximum de personnes à s’approprier la notion de risque psychosocial. Le collège d’expertise présidé par Michel Gollac a permis de ressortir six facteurs de risques psychosociaux.

Mais avant toutes choses qu’est-ce qu’un risque psychosocial ?

Définition : Un risque psychosocial est un risque compris dans l’environnement de travail ou organisation du travail (relation au travail, les tâches à exécuter, l’insécurité financière, le manque de reconnaissances…) pouvant heurter à cause du stress la vie psychique ou physique de l’individu et celles des autres collègues (en provoquant des fatigues intenses, de la dévalorisation de soi, de la consommation de stimulant pour tenir le coup, des violences envers soi et les autres, ou de la fuite et de l’isolement face à la situation de travail …)

Bien entendu une fois n’est pas coutume et n’engendre pas de dégâts très conséquents sur notre corps et notre esprit. Mais au quotidien cela devient un «calvaire», le stress chronique favorisé par ces six facteurs que nous verrons bientôt, abaisse nos défenses immunitaires et amoindrissent notre énergie. Ce qui veut dire que nous tombons plus souvent malade et que nous devenons irritable plus facilement, nous nous fatiguons plus vite et réfléchissons moins bien et tout cela ternis notre performance au travail.

Ces risques peuvent se cumuler et ajouter encore plus de contraintes dans la relation homme-travail, l’enfermant, de ce fait, dans un cercle vicieux de stress permanent. C’est ce stress quotidien qui préparera le terrain aux différents troubles explicités dans les précédents paragraphes.

1er facteur : l’intensité du travail

Dans ce facteur, il faut garder à l’esprit la charge de travail, les délais et la façon dont elle est agencée.

Mais qu’est ce que la charge de travail ? Il est possible de l’objectiver de cette manière : nombre de dossier, nombre de personnes vues, nombre de salles nettoyées, nombre d’appels reçus, envoyés etc… Nous pouvons aussi y ajouter les délais rythmant le travail : les délais courts compliquent la réalisation de la demande car il faut être plus rapide, augmentant le risque d’erreurs. De plus, nous pouvons émettre les difficultés causées par le manque de clarté sur les objectifs, les injonctions contradictoires, les horaires à rallonge et les horaires atypiques ainsi que le manque de prévisibilité. L’intensité du travail est aussi renforcée par la complexité des tâches à accomplir qui demande plus d’énergie et de concentration. D’autre part, la polyvalence à outrance participe aussi à l’accroissement du stress s’il n’est pas maitrisé.

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2ème Facteur : La latitude décisionnel ou les marges de manœuvre

La marge de manœuvre met en avant la capacité à exercer un contrôle sur son travail. En voici quelques exemples :

  1. La façon de le faire : imaginez votre charge de travail qui est conséquente et que l’on vous impose de le faire d’une certaine manière. Ceci vous empêche d’exprimer votre créativité et vos compétences générant de la frustration, de l’ennui voire colère si la méthode de travail proposée est peu efficace.
  2. Quand et comment le faire : lorsque l’on ne peut pas organiser son travail comme on l’entend cela ajoute de la charge mentale et du stress, parfois même un sentiment d’infantilisation.
  3. Prendre des pauses : certains métiers ne permettent pas de prendre des pauses car il faut être tout le temps aux aguets. Cet état de fait peut conduire à une hypervigilance (même en dehors du travail), une fatigue attentionnelle et un inconfort physique.

3ème facteur : les relations au travail

Ce facteur comprend toute les relations que vous pouvez contracter au sein de votre environnement de travail : entre collègue, avec votre ou vos responsables hiérarchiques, vos clients et partenaires…

Ici ce qui va déterminer de bonnes relations sera en grande partie liées à la justice organisationnelle (ex : être juste dans la rémunération à poste équivalent, être équitable dans la communication des informations etc). Pour faire simple tous les rapports qui vont être émis devront être équilibrés et impartiaux pour ne pas créer d’ambiguïté, du désengagement et un déséquilibre émotionnel.

4ème facteur : L’exigence émotionnelle

Les exigences émotionnelles font référence à un façonnage et une maitrise parfois forcée de ses émotions. Par ailleurs, le fait d’être souvent au contact de la souffrance ou la détresse peut aussi nuire au bien-être de l’individu. Certaines entreprises imposent un contrôle des émotions et l’affichage d’une attitude positive en toute circonstance. Cela peut gravement impacter l’équilibre émotionnel d’un individu diminuant sa capacité à gérer le stress et les frustrations.

5ème facteur : Les conflits de valeurs

Les conflits de valeurs renvoient à un conflit interne entre ce qui est attendu dans le travail et les valeurs professionnelles, sociales, ou personnelles des salariés. Par exemple inciter l’achat d’un produit à une population défavorisée, divulguer des informations confidentielles etc…

intensité du travail

6ème facteur : L’insécurité de la situation de travail

L’insécurité de la situation de travail détermine à la fois l’imprévisibilité des tâches de l’organisation (restructuration, incertitude sur l’avenir de son métier…) mais aussi l’insécurité socio-économique (peur de perdre son emploi, rémunération de salaire non fixe…).