Le Président de la république française, Emmanuel Macron, a présenté en septembre 2018, une ambitieuse réforme visant à préparer le système de santé de l’Hexagone à faire face au demi-siècle à venir. Il a dévoilé son intention de rendre le système de santé français, considéré comme l’un des meilleurs au monde, plus efficace et plus durable. Mais qu’implique cette réforme pour les Français ? A quoi faut-il s’attendre ?

Plus de médecins

Au nombre des mesures annoncées pour juguler le manque et l’inégale répartition des médecins, on a :

  • La formation de plus de médecins ;
  • La création d’assistants pour libérer les praticiens des tâches administratives ;
  • L’envoi de médecins dans les zones rurales.
Loi santé
Avec la nouvelle loi santé, les Français peuvent s’attendre à avoir plus de médecins disponibles pour eux, même dans les zones rurales.

La réforme prévoit le recrutement de 4 000 assistants médicaux dans les zones urbaines d’ici 2022. Ceux-ci seront affectés à la gestion de la paperasse et l’accomplissement de gestes médicaux simples comme le contrôle de la pression artérielle afin de libérer les médecins.

Dans le même temps, le numerus clausus mis en place dans la formation des médecins sera annulé. Plus de 25.000 étudiants sont refusés chaque année par les facultés de médecines. Le système avait été mis en place pour accroître la compétition, mais il a conduit à une réduction dramatique du nombre de diplômés en médecine.

Les zones rurales n’ont pas été oubliées. Le gouvernement prévoit d’y affecter 400 médecins de plus. L’affectation se fera toutefois sur la base du volontariat et le gouvernement espère que les aspirants soient nombreux. Toutefois, si le nombre des volontaires est en deçà des espérances, il se pourrait que l’aspect volontaire de cette affectation soit revu.

Changement dans le financement des hôpitaux

Depuis la reforme de 2004, les hôpitaux public français se financent à partir des fonds qu’ils reçoivent de l’Etat. C’est également l’Etat qui fixe le montant qu’il va verser pour chaque prestation. La pression exercée par les instances européennes pour que l’état réduise son déficit budgétaire a malheureusement conduit à une chute drastique des montants versés, poussant de nombreux hôpitaux à tricher afin de renflouer leurs caisses. Le projet de réforme prévoit un abandon graduel de ce mode de financement et la mise en place d’un financement plus approprié.

Partage des données médicales et introduction de la télémédecine

Dans des pays comme le Royaume-Uni et les Etats-Unis, la télémédecine est en plein boom. Cette forme nouvelle de médecine, qui est l’utilisation des technologies de télécommunication et de l’information pour fournir des soins à distance, permet de surmonter les obstacles liés à la distance. Elle permet d’améliorer l’accès à des services médicaux qui, parfois, ne seraient pas disponibles dans les communautés rurales éloignées. Grâce à ce système, les déserts médicaux pourraient disparaître et les populations de certaines zones reculées pourraient bénéficier des services de médecins spécialisés qui y sont absents.

Le partage des données médicales entre toutes les structures médicales du pays deviendra une réalité. Quoique que cette mesure soulève des levées de boucliers aussi bien chez les patients que chez le personnel soignant, elle permettra de se défaire de dépenses inutiles. Certains craignent, en effet que ce système mette fin à la confidentialité des enregistrements médicaux.

Pour ce faire, le gouvernement prévoit d’investir 500 millions d’euros pour la mise à niveau du réseau informatique médical.

Des urgences plus fonctionnelles

Le projet de réformes prévoit une révision de la carte hospitalière. Les hôpitaux de proximité se concentreront désormais sur les cas les moins graves afin d’alléger la tâche aux centres hospitaliers universitaires qui devront désormais se concentrer sur les cas les plus urgents et les plus sérieux. Une labellisation des cliniques est donc prévue. Concrètement, ces hôpitaux dits de proximité s’occuperont de services comme la rééducation, la gériatrie et la médecine générale.

Sources :

  • https://www.francetvinfo.fr/sante/politique-de-sante/loi-sante-que-contient-cette-reforme-globale-du-systeme-de-sante_3188665.html
  • https://www.cnews.fr/france/2019-03-26/les-principaux-points-du-projet-de-loi-sante-dagnes-buzyn-812055
  • http://www.rfi.fr/france/20190213-reforme-sante-projet-loi-numerus-clausus
  • https://solidarites-sante.gouv.fr/systeme-de-sante-et-medico-social/loi-de-modernisation-de-notre-systeme-de-sante/
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