Selon le World Alzheimer Report 2018, la maladie d’Alzheimer, aussi appelée « maladie de la mémoire », affecte environ 50 millions de personnes dans le monde. Ce chiffre ne cesse de s’accroître au fil des années, avec l’allongement de l’espérance de vie. À ce jour incurable, cette maladie neurodégénérative constitue un véritable enjeu de santé publique. Les recherches scientifiques se multiplient pour en identifier les causes, avec l’espoir de mettre au point un traitement capable de stopper son évolution au stade précoce. Quelles sont caractéristiques de cette pathologie ? Où en est la recherche scientifique ? Le point dans cet article.

Qu’est-ce que la Maladie d’Alzheimer ?

La maladie d’Alzheimer est une pathologie neurodégénérative qui se caractérise par des troubles de mémoire, entre autres. Les personnes atteintes présentent des lésions caractéristiques au niveau cérébral, ainsi que de dépôts de protéines bêta amyloïdes et tau. La destruction des cellules cérébrales se fait de manière lente et progressive. Elle entraîne l’apparition de comportements et symptômes propres à chaque patient. Leur point commun : une évolution classique en trois stades, des troubles de la mémoire à la perte de l’autonomie. À l’heure actuelle, aucun traitement ne permet d’en guérir, mais une prise en charge adaptée peut ralentir sa progression. Grâce à des stratégies compensatoires et aménagements mis en place avec les spécialistes (neurologues, neuropsychologues,…), il est possible d’améliorer la qualité de vie du patient et de son entourage.

Voici quelques-uns des symptômes les plus fréquemment rencontrés :

  • Une perte de la mémoire immédiate (mémoire à court terme) : la personne oublie ce qu’elle vient de faire ou de dire. Elle va ainsi avoir tendance à poser les mêmes questions à quelques minutes d’intervalle. Assez déroutant pour l’entourage, ce symptôme est souvent l’un des premiers signes d’alerte qui pousse à consulter.
  • Des problèmes d’orientation dans le temps et l’espace : la perte des repères spatio-temporels est également très révélatrice. Les personnes ne savent plus où elles se trouvent ni quel jour on est.
  • Une difficulté à exécuter les tâches quotidiennes comme faire la cuisine ou s’habiller. En cause : une atteinte des fonctions cérébrales qui contrôlent la programmation et la séquence de réalisation d’une action.
  • Des problèmes du langage : avec un manque du mot et une perte de la faculté à s’exprimer correctement à un stade plus avancé.
  • Un changement d’humeur et de comportements : dépression, insomnie, irritabilité et anxiété peuvent apparaitre à un stade plus avancé de la maladie.
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Personne âgées

Guérir Alzheimer ? Le point sur les progrès de la recherche scientifique

Un changement de perspective

Les recherches précédentes se concentraient principalement sur les patients qui montraient déjà des symptômes caractéristiques (perte de mémoire, désorientation temporelle, etc.). Les études actuelles tendent à recruter des patients à des stades plus précoces.

Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il peut s’écouler jusqu’à 10 ans entre l’apparition des lésions cérébrales et les premières manifestations de pertes de mémoire !

Désormais, on sait grâce à l’EGG (électroencéphalogramme) que le cerveau se réorganise au fil du temps. Les patients sont donc capables de compenser et de conserver un bon fonctionnement cérébral durant de nombreuses années.

Mieux comprendre la maladie pour intervenir plus tôt

Empêcher la formation de lésions cérébrales en proposant un traitement médicamenteux aux personnes à risque, tel est l’objectif des chercheurs.

Comment identifier les personnes à risque ? Il n’est pas possible de proposer un traitement préventif à l’ensemble de la population.

Les études ont montré que toutes les personnes qui se plaignaient de troubles de la mémoire n’allaient pas forcément développer la maladie d’Alzheimer. Les chercheurs doivent donc poursuivre leurs investigations pour identifier de façon plus précise les personnes à risque.

Quelques facteurs de risque ont déjà été mis en évidence :

  • un âge plus avancé ;
  • une plus forte concentration de lésions amyloïdes au début des plaintes cognitives ;
  • une réduction du volume de l’hippocampe (zone cérébrale impliquée dans la mémoire) ;
  • un profil génétique à risque (selon le questionnaire APOE4).
Alzheimer, quels progrès ?
Alzheimer, quels progrès ?

Quelles pistes pour les recherches futures ?

Les chercheurs ont désormais compris l’importance d’étudier la maladie avant la manifestation des premiers symptômes. Les prochaines recherches pourraient se concentrer sur les corrélations entre les dépôts de protéines tau et l’apparition de la maladie, grâce au développement de nouveaux radiotraceurs.

Les chercheurs estiment qu’il est possible de prévenir la maladie d’Alzheimer dans 1 cas sur 3, grâce à une meilleure hygiène de vie. La pratique d’une activité physique régulière et l’adoption d’une alimentation saine en constituent les bases. La lutte contre le vieillissement cognitif passe également par une stimulation intellectuelle et sociale. Cela tombe bien, puisque de nombreuses activités pour retraités voient le jour régulièrement. Ateliers d’écriture, visites culturelles ou cours d’informatique pour seniors, autant d’opportunités de se faire plaisir tout en prenant soin de sa santé !