Depuis son changement de formule, le Levothyrox des laboratoires Merck est au centre d’une vaste polémique. Près d’un million de patients l’ont abandonné, car ils estiment que la nouvelle formule a suscité chez eux un certain nombre d’effets secondaires graves. Quels ces effets secondaires et qu’en pensent les autorités sanitaires ?

Des plaintes en cascade

Des milliers de patients ont dénoncé les effets secondaires du nouveau médicament, notamment des maux de tête, des vertiges et une perte de cheveux, qu’ils attribuent à la nouvelle formule commercialisée par l’entreprise pharmaceutique allemande depuis fin mars 2017. Le centre de pharmacovigilance de Toulouse avait été submergé par le nombre de plaintes reçues quotidiennement, environ 50 par jour.

Effets secondaires du Levothyrox
Les nombreux effets indésirables du Levothyrox ont boulversé la vie de plusieurs dizaines de milliers de patientes qui réclament l’ancienne formule. Au lieu de cela, il leur est proposé des alternatives.

De mars 2017 à septembre 2017, l’ANSM a enregistré des plaintes de la part de 17.310 patients, ce qui représente 0,75% des 2,3 millions de patients qui prenaient ce médicament à la même époque. Après des dizaines de plaintes devant la justice et un nombre incalculable de pétitions réclamant le retrait de la nouvelle formule, les autorités sanitaires françaises ont été contraintes de proposer des alternatives.

Fréquence inhabituelle des effets secondaires

Quelques mois après la mise sur le marché de la nouvelle formule, des milliers de patients ont commencé à se plaindre de problèmes tels que :

  • des maux de tête
  • des douleurs musculaires
  • des vertiges
  • des symptômes de dépression
  • une fatigue extrême
  • une perte de cheveux
  • l’insomnie
  • des étourdissements
  • des troubles de la concentration
  • des troubles de la digestion
  • une perte de mémoire.

Ces effets adverses étaient déjà présents avec l’ancienne formule du médicament, mais pas avec une telle fréquence

Effets secondaires sujets à polémique

De nombreux experts se sont empressés de minimiser les affirmations des patients, en arguant que le changement d’excipient ne pouvait pas causer autant d’effets secondaires. L’agence nationale de la sécurité du médicament est également sceptique et a plutôt fait preuve de prudence. Les laboratoires Merck ont qualifié l’affaire de bulle médiatique, tout comme le député Jean-Pierre Door.

Les patients, quant à eux, campent sur les positions et les pétitions lancées ont recueilli des dizaines de milliers de signatures. Muriel Londres de l’association « Vivre sans thyroïde a indiqué que les allégations du laboratoire Merck étaient infondées, car aucune étude n’avait jusqu’ici examiné la qualité de vie des patients souffrant d’hypothyroïdie.

Une étude commanditée par l’Association française des malades de la thyroïde (AFMT) a récemment apporté de l’eau au moulin de la polémique. Le chercheur qu’elle a mandaté, Jean-Christophe Garrigues, a décelé des traces infinitésimales d’un composé non déclaré dans la formule : de la dextrotoxine. Cette substance synthétique, non commercialisée en France, a été retirée de la vente aux États-Unis en raison d’effets secondaires similaires à ceux décrits aujourd’hui par les patients thyroïdiens.

Quoi qu’il en soit, cette affaire a coûté très cher aux laboratoires Merck, dont le Levothyrox avait un quasi monopole dans la prise en charge de l’hypothyroïdie. Près d’un millions de patients ont ainsi abandonné ce médicament au profit d’autres spécialités pharmaceutiques.