On appelle syndrome de Tietze, une chondropathie qui se traduit par une inflammation aseptique d’un ou de plusieurs cartilages costaux supérieurs dans la région de leur articulation avec le sternum. Parfois accompagné d’une douleur locale au site de la lésion, ce mal découvert par le Dr Alexander Tietze en 1921, est également connu sous les appellations de syndrome cartilagineux costal et de chondrite costale. Il est aggravé par la pression, la palpation et une inspiration profonde. En règle générale, cette maladie qui ne remet pas en question le pronostic vital du patient, survient sans raison apparente. Dans certains cas, elle peut être associée à un effort physique ou survenir après une intervention chirurgicale à la poitrine. Le traitement est essentiellement symptomatique.

Qu’est-ce que le syndrome de Tietze ?

Le syndrome de Tietze est une inflammation rare, généralement chronique, du cartilage costal situé à la base du sternum. La maladie provoque un gonflement des articulations situées entre le cartilage et les os des côtes ou du sternum. La maladie, qui s’accompagne d’une douleur thoracique, peut provoquer un processus inflammatoire sur une ou plusieurs côtes.

Syndrome de Tietze
Le trouble inflammatoire qu’est le syndrome de Tietze se manifeste entre autres par une enflure douloureuse du tissu cartilagineux atteint. La douleur induite est très sensible au toucher.

Le syndrome de Tietze est un trouble inflammatoire du cartilage costal. Ses manifestations classiques sont la douleur et l’enflure dans le tissu cartilagineux touché. Le tissu cartilagineux ou cartilage est un tissu conjonctif, ayant une fonction de support. Il est doté d’une extrême flexibilité et d’une grande résistance. Le cartilage est constitué de cellules particulières appelées les chondrocytes et est dépourvu de vaisseaux sanguins.

Parfois, le syndrome de Tietze est confondu avec une autre inflammation des cartilages sternaux et costaux : la costochondrite. Contrairement au premier, cette dernière est toutefois moins localisée. Le processus inflammatoire est plus répandu, mais il n’y a pas de gonflement.

Symptômes

Les principaux symptômes de la maladie sont la douleur, l’inflammation et les rougeurs. La douleur, qui peut être d’intensité variable, est parfois si aiguë qu’elle peut être confondue avec une douleur au cœur. Elle peut durer des heures ou des semaines. C’est une douleur mécanique, c’est-à-dire qu’elle augmente lorsque le patient bouge ou lorsqu’il effectue diverses activités, telles que tousser, éternuer ou bouger le bras. Tout mouvement brusque et même la respiration peut provoquer une vive douleur.

L’inflammation dans la région des côtes et du cartilage est la principale cause de la douleur. On assiste à un rougissement de la zone et à une sensibilité particulière à la chaleur. Les modifications morphologiques sont localisées dans le cartilage des côtes II, III ou IV. Elles sont hypertrophiées ou inhabituellement tordues. On ne constate pas de modifications pathologiques histochimiques, mais il existe parfois un léger gonflement ou une inflammation chronique non spécifique dans les tissus cartilagineux environnants.

Un autre symptôme assez courant est un sentiment général d’engourdissement dans la zone touchée par le syndrome, qui, avec le temps, montre une diminution progressive de la sensibilité. L’existence simultanée de douleur, d’un gonflement intercostal et une augmentation de la paresthésie sont un signe sans équivoque de la présence du syndrome de Tietze.

La maladie se développe généralement à l’âge de 20 à 40 ans, bien qu’elle puisse apparaître plus précocement chez des individus de 12 à 14 ans. La maladie touche aussi bien les hommes et les femmes, quoique certains chercheurs aient noté que, à l’âge adulte, le syndrome de Tietze était plus commun chez les femmes.

Causes

L’inflammation est une réponse naturelle du corps à une infection, une irritation ou un traumatisme. Dans le cas du syndrome de Tietze, la cause précise n’est pas connue malgré toutes les recherches effectuées jusqu’à présent. Au nombre des causes les plus probables, figurent les :

  • infections des voies respiratoires supérieures, telles que sinusite et laryngite;
  • toux et vomissements répétées qui sollicitent fortement à la région thoracique;
  • traumatismes physique à la poitrine;
  • tensions thoraciques excessives dues aux efforts physiques extrêmes;
  • effets tardifs d’une radiothérapie thoracique.

Au fil du temps, des pathologies qui présentent un lien avec le développement de l’état inflammatoire de ce syndrome ont été découvertes. Ce sont les infections qui affecte les voies respiratoires supérieures, mais aussi la toux, lorsqu’elle est particulièrement intense et dans les cas où elle peut également entraîner des vomissements.

Parmi les causes pouvant être liées à l’apparition des symptômes de cette pathologie, on trouve également différents types de traumatismes, tels que ceux affectant la poitrine, bien qu’ils soient fréquemment associés à certaines activités sportives. Enfin, une possible corrélation est également apparue entre la radiothérapie et le syndrome de Tietze.

L’une des causes probables les plus acceptées d’apparition de cette maladie est un traumatisme à la poitrine provoqué par une chute ou un accident de la route. En subissant ce traumatisme, la zone peut s’enflammer, provoquant le syndrome de Tietze.

Certaines maladies ou affections médicales préexistantes peuvent provoquer une inflammation des articulations et des cartilages, les plus courantes étant l’arthrite, la tuberculose, la syphilis et certaines tumeurs du visage.

Cependant, pour l’instant, la science n’a formulé que des hypothèses sur les causes qui déclenchent cette pathologie. À l’heure actuelle, plusieurs équipes de chercheurs travaillent à trouver une corrélation plus forte entre ces symptômes et ce syndrome.

Accident de la route
Un accident de la route peut provoquer un traumatisme au niveau de la poitrine et induire une inflammation dans le tissu cartilagineux costal.

Comment est diagnostiqué le syndrome de Tietze ?

Le diagnostic de la maladie est basé sur les symptômes, après avoir exclu d’autres types de maladie présentant un tableau clinique similaire. Il sera nécessaire d’exclure la présence chez le patient de maladies du système cardiovasculaire, ainsi que de maladies des organes internes susceptibles de provoquer l’apparition de douleurs thoraciques, comme c’est le cas des maladies infectieuses, des maladies inflammatoires et des néoplasmes malins.

La maladie est très souvent confondue avec d’autres maux dont l’étiologie et la symptomatologie sont similaires. Chez les femmes, la maladie est souvent confondue avec les maladies du sein comme la mastopathie et la mastodynie.

Le symptôme principal du syndrome de Tietze, est la présence de corps denses avec des bords nets et un gonflement. Si nécessaire, le patient peut subir un test sanguin, une imagerie par résonance magnétique, une tomographie ou une échographie.

La radiographie aux rayons X n’est pas un test décisif. Les rayons X seront utiles pour exclure les maladies pulmonaires et la présence d’inclusions tumorales, tant malignes que bénignes. Un examen aux rayons X peut également montrer des tumeurs primitives et des tumeurs métastatiques, le cas échéant. Il est possible de déterminer le syndrome à l’aide de rayons X, mais seulement 2 à 3 mois après le début de la maladie.

Le syndrome de Tietze est diagnostiqué aux stades précoces par tomodensitométrie. Cette méthode permet de rechercher et de déterminer l’étendue de la maladie dès les premiers stades. La tomodensitométrie révèle des modifications du tissu cartilagineux caractéristiques de la maladie. Dans la plupart des cas, la tomographie est prescrite après la radiographie.

Traitement

L’état inflammatoire associé au syndrome de Tietze disparaît dans la plupart des cas sans traitement particulier, ni prise en charge spécifique. Cependant, il convient de souligner que la douleur et divers désagréments peuvent causer un préjudice considérable au patient, en particulier dans l’exercice de ses activités quotidiennes. Le traitement de la maladie est effectué en ambulatoire sous la surveillance d’un traumatologue ou d’un orthopédiste. Dans la plupart des cas, l’hospitalisation du patient n’est pas nécessaire.

Soulager les symptômes

Lorsque les causes spécifiques qui génèrent le syndrome de Tietze sont inconnues, son traitement est axé sur le soulagement des symptômes. Le but recherché est de réduire l’inflammation et par ricochet la douleur. Un traitement topique peut être prescrit au patient. Il implique l’utilisation de pommades et de gels contenant des anti-inflammatoires non stéroïdiens. Les compresses au dimexidum donnent d’excellents résultats.

Soulager la douleur intense

En cas de douleur intense, des anti-inflammatoires non stéroïdiens et des analgésiques oraux peuvent être prescrits au patient. En cas de douleur persistante et d’inflammation intense qui ne peuvent ne pas être soulagées par l’utilisation d’analgésiques et d’anti-inflammatoires non stéroïdiens, l’administration de novocaïne, d’hydrocortisone et d’hyaluronidase dans la zone touchée est indiquée.

Des sacs de glace appliqués localement sur la zone enflammée aident parfois à réduire la douleur et l’inflammation. En outre, ces patients peuvent se voir prescrire un traitement par physiothérapie ou par réflexothérapie. Un traitement chirurgical peut être nécessaire en cas d’inefficacité du traitement conservateur, mais cela est rare. Il consiste en une résection sous-périostée de la côte.

Repos

Bien qu’il ne s’agisse pas d’un trouble particulièrement grave, il risque de devenir chronique, s’il n’est pas traité correctement. Étant donné que l’exercice physique et les travaux d’une certaine intensité exacerbent les symptômes, en particulier la douleur, il est bon d’observer une période de repos afin d’éviter de stresser la région enflammée. Il sera nécessaire que le patient évite de pratiquer des activités physiques débilitantes jusqu’à ce que la douleur s’atténue.

Les chances de guérison du syndrome de Tietze sont très bonnes. Dans la plupart des cas, il disparaît après un certain temps, parfois après quelques jours. Dans les cas difficiles, cela peut cependant prendre des années.

Stndrome de Tietze soulagé par le repos
Observer une période de pause (pas de sport ni travaux physiques intenses) aide à soulager le syndrome de Tietze.

Existe-il des remèdes naturels pour le traitement du syndrome de Tietze ?

La plupart des recettes populaires soulagent la douleur et visent à améliorer l’état du patient. Elles ne peuvent pas guérir complètement la maladie. Consulter un spécialiste en vaut toujours la peine. Vous pouvez appliquer sur le point sensible diverses lotions et teintures. Pour ces fins, on peut utiliser des plantes comme :

  • les marguerites
  • l’ortie
  • l’hypericum
  • le thym
  • la sauge

Les traitements naturels se réduisent à des procédures comme les bains thérapeutiques, les décoctions et les compresses. Pour réchauffer la poitrine, on peut la frotter avec de la graisse de porc et rester sous une couverture chaude pendant un moment. Les décoctions utilisées visent à améliorer l’immunité et la circulation sanguine. Les compresses sont fabriquées à partir de décoction de romarin, de mélisse et de raifort. La compresse est appliquée sur le corps nu, et pour obtenir le résultat souhaité, il est nécessaire de nouer une écharpe ou un châle chaud.

Relation entre le syndrome de Tietze et la costochondrite

La costochondrite est l’inflammation générale du cartilage dans la région de la cage thoracique, tandis que le syndrome de Tietze est une manifestation de la costochondrite. On peut le différencier par le fait que le syndrome de Tietze s’accompagne d’une sensation de chaleur dans la région lésée et que sa douleur est maintenue pendant des périodes allant jusqu’à six à huit mois sans rémission, tandis que la costochondrite apparaît et disparaît habituellement dans de courtes périodes de temps.

La costochondrite et le syndrome de Tietze sont tous deux causés par une inflammation des articulations costochondrales des côtes ou des articulations chondrosternales de la paroi thoracique antérieure. Les deux pathologies sont caractérisées par une douleur au niveau des cartilages costaux et des cartilages sternaux. Cependant, il existe un œdème local avec le syndrome de Tietze et aucun œdème avec la costochondrite. C’est la différence principale.

Les spécificités de la costochondrite sont les suivantes :

  • Elle est plus commune que le syndrome de Tietze.
  • Elle est associée à une douleur de la paroi thoracique, mais sans œdème.
  • Elle est associée à une douleur qui s’étend généralement à plus d’une région costochondrale dans 90% des cas.
  • Elle s’étend généralement de la deuxième à la cinquième jonction costochondrale.
  • Elle se développe généralement chez les personnes de plus de 40 ans.

Les spécificités du syndrome de Tietze sont les suivantes :

  • moins fréquent que la costochondrite;
  • Début graduel ou soudain;
  • présence d’un œdème;
  • possible douleur irradiant à l’épaule et aggravée par la toux, l’éternuement ou les mouvements de la paroi thoracique
  • douleur sensible au toucher;
  • Dans 70% des cas, une seule zone cartilagineuse costale est touchée.
épaule douloureuse
Les mouvements du torse (notamment de la cage thoracique) exacerbent la douleur induite par le syndrome de Tietze et irradiant vers l’épaule.

Peut-on prévenir le syndrome de Tietze ?

Les causes étant inconnues, une prévention ciblée est difficile à réaliser. Une attention devra toutefois être accordée à une posture droite. On peut également agir de manière préventive contre le stress qui est l’un des facteurs de risque de cette malade. Des techniques de relaxation telles que la méditation et le yoga sont recommandées, car elles entraînent une respiration profonde tout en relaxant les épaules et le cou.