Les troubles bipolaires, ou plus anciennement appelés psychose maniaco-dépressive, sont caractérisés par l’alternance de phases “hautes” et de phases “basses” plus ou moins rapprochées et intenses.

Phase « haute » ou phase maniaque

La phase “haute” également appelée phase maniaque  ou hyperthymie se manifeste par une logorrhée c’est à dire un débit de paroles très rapide, un discours désorganisé (fuite des idées). Le sujet passe du coq à l’âne, enchaîne les jeux de mots et peut être très familier dans sa relation à l’autre.

On remarque également une hyperactivité psychique et motrice qui empiète sur le sommeil de l’individu, qui ne ressent ni fatigue physique ni psychique et peut donc enchaîner plusieurs jours d’insomnie.

Il peut également arriver parfois que des idées délirantes le plus souvent mégalomaniaques apparaissent. Dans ce cas là, la personne peut entreprendre des projets “pharaoniques” .

Le sujet n’a plus conscience des limites et des codes sociaux, ce qui peut entraîner rapidement des difficultés financières, judiciaires, des risques physique et des comportements sexuels à risque.

La phase maniaque peut être déclenchée par un choc émotionnel, un traumatisme, une prise de toxiques, l’arrêt du traitement thymorégulateur.

Pour l’enrayer, des traitements sédatifs tels que le Tercian ou Loxapac peuvent être prescrits pour “ralentir” l’hyperactivité psychique et physique.

Ensuite un traitement thymorégulateur de fond comme l’Olanzapine ou le lithium pourra être mis en place ou rétabli pour stabiliser l’humeur et conserver une euthymie.

Une hospitalisation peut être préconisée en cas de mise en danger de la personne.

Une éducation thérapeutique devra dans l’idéal être mise en place afin de favoriser la bonne observance du traitement thymorégulateur, en dépit des effets secondaires souvent handicapants. En effet, l’Olanzapine engendre par exemple une majoration de l’appétit qui a pour conséquence une prise de poids abdominale.

Traitements sédatifs
Traitements sédatifs prescrits lors de la phase haute

Phase « basse » ou « dépressive »

La phase “basse” ou également “dépressive” se caractérise principalement par une tristesse de l’humeur, une aboulie (perte de l’envie de faire des choses) et une anhédonie (perte du plaisir à faire les choses), ce qui entraîne une inhibition, un ralentissement psychomoteur de la personne.

On note également un apragmatisme, un repli sur soi, de la clinophilie, une asthénie persistante et par conséquent un isolement progressif.

Le sommeil et l’appétit sont altérés, l’individu ne prend plus soin de lui ce qui majore sa mésestime de lui.

Il peut arriver que l’individu soit en proie à des idées suicidaires, scénarisées ou non, qui peuvent amener à l’hospitalisation pour une mise à l’abris d’un geste auto-agressif.

La phase dépressive peut être provoquée par un traumatisme, un deuil, un arrêt du traitement régulateur.

Dans un premier temps un traitement antidépresseur pourra être mis en place. En fonction des symptômes, le praticien décidera d’utiliser une molécule plutôt qu’une autre (ISRS, IMAO,…) selon la symptomatologie dépressive dominante. Les effets ressentis ne seront perceptibles qu’au bout de 14 jours en moyenne d’une prise régulière du traitement.

Une attention particulière devra être apportée à la levée d’inhibition. En effet, le traitement agit d’abord sur l’inhibition psychomotrice avant d’abolir la tristesse, ce qui peut favoriser le risque de passage à l’acte suicidaire chez certaines personnes.

Un traitement thymorégulateur devra ensuite être installé pour stabiliser l’humeur.

Phase basse ou dépressive
Phase basse ou dépressive

Conclusion

En résumé, les troubles bipolaires sont des troubles de l’humeur chroniques. Ils peuvent être stabilisés s’il y a une bonne observance du traitement thymorégulateur ainsi qu’une hygiène de vie correcte.

C’est pour cela qu’une éducation thérapeutique de qualité permet aux patients de :

  • connaître les signes de rechute et les anticiper,
  • gérer les effets secondaires (notamment la prise de poids, conseils diététiques),
  • éviter les situations à risques (et plus particulièrement les conduites addictives qui sont souvent des comorbidités associées).
Qu’est-ce que les troubles bipolaires ?
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